Collectifs du Rhône pour un Nouveau Parti Anticapitaliste

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Manif de soutien à la résistance d’Afrin dimanche 11 mars à 15 h à Bellecour PDF Imprimer Email
Internationalisme
Dimanche, 11 Mars 2018 12:19

à l’appel des Amitiés Kurdes de Lyon et Rhône Alpes

La hantise d’Erdogan, dictateur de Turquie, est la jonction possible des trois cantons, Ceziré, Kobané et Afrin, qui formeraient une continuité à sa frontière. Pour l’empêcher, la Turquie occupe le territoire syrien qui sépare les trois cantons, la région de Jarablous et d’Al Bab, auparavant occupée par l’État islamique, et colonise de fait le territoire, chassant des Kurdes de leurs villages, et installant ses services postaux, son administration et même ses propres programmes scolaires dans les écoles.
Nationalisme turc exacerbé
L’absence de réaction concrète du gouvernement syrien à l’attaque contre Afrin témoigne d’une collusion de fait entre Erdogan et Assad. Pour l’instant, le dictateur turc a partiellement réussi son pari : il suscite un élan de soutien nationaliste dans la population turque et dans les partis politiques kémalistes ; même le CHP social-démocrate soutient son intervention. Tous ceux qui voudraient s’y opposer sont en danger d’emprisonnement ou de mort. « C’est bien pire que pendant le coup d’État fasciste de 1980 », nous dit un militant d’extrême gauche turc, « le moindre tweet ou like sur Facebook peut nous envoyer en prison, alors les rassemblements ou les manifestations, c’est du suicide ! »
Erdogan peut aussi se vanter d’avoir le soutien d’une partie de l’opposition syrienne, puisque certaines brigades djihadistes de l’ASL marchent devant ses tanks, drapeaux déployés. Pour l’heure, à notre connaissance, seul le Courant de la gauche révolutionnaire syrienne a déclaré son total soutien à la résistance d’Afrin contre l’invasion turque.

Résistance kurde
Le problème d’Erdogan, c’est la féroce résistance que rencontre son armée. Malgré les centaines de raids effectués par ses F16, les tonnes de bombes lâchées, on parle même de l’utilisation de napalm dans certains secteurs, il a du mal à avancer.
La population civile d’Afrin, autochtones ou réfugiés, reste solidaire de la résistance des FDS/YPG/YPJ, parce que ce petit territoire a mis en place l’égalité des droits pour touTEs,comme dans les deux autres cantons de la Fédération, et qu’une stabilité et une prospérité relatives y régnaient. L’agression turque ­replonge des centaines de milliers de réfugiéEs dans le cauchemar qu’ils avaient fui.
Les Kurdes d’Afrin espèrent que la solidarité internationale leur viendra en aide. Pour le moment, les fortes mobilisations, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France, sont portées par la diaspora kurde. La présence des partis de gauche, des syndicats, reste très faible. Nous devons très vite apporter notre soutien à ces combattantEs qui défendent un projet pluraliste, antifasciste, féministe et multiethnique à rebours total des évolutions politiques et sociales au Moyen-Orient.